Poésie érotique: parole vivante ou concept creux?
La poésie érotique de Paulvi NGIMBI, que nous avons eu à décortiquer ce 29 septembre 2025 soir au centre culturel Ntongo Elamu à Bandal, est une parole critique. Elle ne se limite pas à ce que l’on comprend à première lecture. Elle se présente comme une sublimation, une louange de la parole érotique. Ce langage trouve sa force dans les thématiques que la religion chrétienne exploite actuellement, notamment dans les églises dites de réveil.
Exploité dans une installation artistique, cette œuvre (installation poésie érotique )se dresse comme une critique acerbe des pratiques chrétiennes contemporaines, telles qu’elles s’expriment dans les églises de réveil.
Mais, comment une simple installation artistique peut-elle constituer une telle critique ? La question mérite d’être posée. En fait, l’artiste explore son milieu de vie et fait une représentification sociétale à travers son œuvre. Et, c’est donc à chaque spectateur d’en faire l’expérience et d’y trouver son propre rapport. Cette œuvre met en lumière ce que beaucoup de chrétiens ignorent : la dérive progressive du message central du christianisme, jusqu’à sa dénaturation.
Cependant, l’installation de Paulvi NGIMBI n’est pas exempte de limites. L’intégration d’une nonne dans une critique des pratiques des églises de réveil interroge. S’agit-il d’une sainte erreur , d’une crise d’inspiration ? Rien de tout cela. La présence de la nonne n’ouvre pas réellement de champ de réflexion, contrairement à ce que suggère l’artiste. Elle rompt plutôt le fil de compréhension de la scénographie. Ce fil rouge, essentiel à la cohérence de l’œuvre, s’assombrit, voire s’éteint.
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| Jonathan IKAMI, lors du Critik Talk |
Un autre point mérite l'attention : l’expérience esthétique du spectateur. Comment un spectateur lambda peut-il entrer dans cette œuvre et en tirer une expérience sensible si déjà le langage se brouille ? La poésie érotique, ici, se trouve dénuée de l’érotisme tel que l’entend le commun des mortels. Cette tension soulève une interrogation plus large : n’y a-t-il pas, derrière cette installation, le risque d’un concept creux, vidé de sa substance ?
IKAMI KIWU JONATHAN
Écrivain, critique d'art et chercheur en herméneutique philosophique




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Salut Ikami , félicitations pour ce Critikha Tolk . Aaah j' ai raté 👏
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